Qui a écrit Esmeralda ? Nin ou Miller ?
Ce texte, « Esmeralda », publié en anglais à New York, a depuis été attribué à Anaïs Nin. Mais certains commentateurs, dont son éditeur en français,
pensent qu’il pourrait bien être de Henri Miller, qui écrivit à l’époque, comme Nin et d’autres de leurs ami(e)s, des textes érotiques rémunérés pour amateurs éclairés…
Qu’en pensez Vous ? Qui a écrit ce texte ? Quel imaginaire des plaisirs reflète-il ? Celui d’un homme ou
celui d’une femme ?
L’hypothèse de Claude Lizt est en fin de texte….
Esmeralda
La femme posa la lampe sur une vieille table, descendit l'escalier et referma la trappe derrière elle. Tandis que s'éloignait le craquement des marches de
l'escalier sordide, Phoebus se hâta d'aller pousser le verrou. Percevant le bruit, la vieille rit toute seule et dit: «Maître Phoebus va lui apprendre plus d'une leçon, d'ici l'aube.»
À présent, l'officier se retrouvait seul avec le joli butin qu'il avait convaincu de venir avec lui dans cette soupente isolée. Bien que vierge, elle
connaissait l'objet de son désir. Et maintenant, seule avec le séduisant soldat, et malgré son amour pour lui, elle rougissait, tremblante, confuse, tandis qu'il revenait, ayant verrouillé la
porte, et s'asseyait à ses côtés sur un immense coffre ancien. Jouxtant le coffre, se trouvait un vieux lit avachi.
Pendant quelques instants, il tînt sa main délicate, sans un mot. Elle avait le sang aux joues; ses longs cils baissés voilaient ses yeux. L'officier, vers qui
elle osait à peine jeter un regard, arborait un visage radieux. La chaleur de la luxure commençait déjà de brouiller son regard. «Oh, maître Phoebus, fit-elle enfin d'une voix tremblante, ne me
méprisez pas. Je sais bien que je me conduis très mal.
- Vous mépriser, ma chère enfant, mais pourquoi?
- Pour vous avoir accompagné jusqu'ici.
- Sur ce point, ma beauté, nous ne sommes pas d'accord. Je ne devrais pas vous mépriser, mais vous haïr.
- Me haïr!, s'exclama-t-elle, stupéfaite, éperdue.
Mais qu'ai-je fait?
- Il m'a fallu tant insister, répondit-il.
- Hélas, dit-elle, c'est que je brise un vœu sacré. Mais quelle importance cela a-t-il? Pourquoi devrais-je demander aide à mon père et à ma mère, à présent?
»
Ce disant, elle leva vers le capitaine ses grands yeux sombres, le fixant; elle demeura un moment silencieuse, puis une larme tomba de ses yeux, un soupir
s'échappa de ses lèvres, et elle conclut: «Je vous aime. »
De la jeune fille, émanait un tel parfum de chasteté, un charme si vertueux que, jusqu'alors, Phoebus ne s'était pas senti totalement à son aise. Mais ces mots
le galvanisèrent.
«Vous m'aimez», répéta-t-il d'une voix extasiée, et avec élan, il lui entoura la taille de ses bras. Il n'avait attendu qu'une telle occasion.
«Phoebus », dit-elle, écartant doucement ses mains de sa ceinture, «j'aime votre nom; j'aime votre épée. Tirez votre épée, Phoebus, que je puisse l'admirer.
»
Avec un sourire, il dégaina sa rapière. Elle en examina le manche, la lame, déchiffra les lettres gravées sur la garde avec une adorable curiosité, et
embrassa
l'épée en déclarant: «Vous êtes l'arme d'un homme brave. J'aime mon capitaine.»
Phoebus profita de la situation pour poser sur sa ravissante nuque penchée un baiser qui la fit sursauter, et rougir comme une cerise.
«Phoebus », reprit-elle bientôt, «marchez un peu, que je puisse bien vous voir, et entendre tinter vos éperons. Comme vous êtes beau! »
Il se leva, se pliant à sa demande, et fit quelques pas, sans quitter des yeux le visage et la silhouette de la magnifique créature; puis il revint s'asseoir à
ses côtés. Un désir passionné commençait de se lever en lui.
«Qu'il fait chaud, on étouffe dans ce vieux grenier », dit-il. «Vous êtes plus légèrement vêtue que moi, et je suffoque, sans m'en rendre compte. Cette nuit de
mai ressemble à un début d'été.»
Sur quoi, sans que la jeune fille fit la moindre remarque, il se redressa et ôta le lourd collier, la ceinture, l'épée, et autres parures et vêtements que la
coutume de l'époque imposait à un officier, ainsi que ses lourdes bottes aux éperons tintinnabulants, ne gardant que son pantalon à mi-jambes et ses bas, tandis que son torse n'était plus voilé
que par une fine chemise. Le voyant faire, Esmeralda sursauta malgré elle, avant de retomber dans sa rêverie. Puis il revint s'asseoir à côté d'elle, tout proche cette fois. La chaleur du corps
de la jeune fille ne tarda pas à traverser la finesse de sa chemise, l'enivrant plus encore.
Des mots d'amour lui venaient aux lèvres, que la jeune fille écouta avec un ravissement croissant. Perdue dans ses pensées, elle demeura quelques instants
rêveuse, bercée par le son de sa voix. Un bras passé autour de sa taille, et sans qu'elle l'eût écarté cette fois, il la serra contre lui, lui répétant à quel point il l'aimait.
«Oh, tu vas être tellement heureuse, ce soir, tellement heureuse!» murmura-t-il enfin, tout en défaisant doucement le nœud de sa ceinture. Elle tressaillit à
ce geste déplacé, brusquement arrachée à sa rêverie, puis redevînt pensive et silencieuse. Enhardi par sa douceur, il pressa tendrement son bras autour de sa taille, puis ôta silencieusement sa
ceinture. Elle demeurait perdue dans ses pensées et, le regard brûlant, la main tremblante, il commença de dégrafer son corsage. Il était à peine à mi-chemin de cette tâche délicieuse quand le
léger vêtement se détacha du châle qui le maintenait. L'amoureux, aux anges, et prompt à saisir l'occasion, écarta la jeune fille du mur contre lequel elle s'appuyait, tira l'épingle qui
réunissait les plis du foulard, et l'ôta d'un seul geste. Les épaules adorables, roses et lisses, rayonnaient à présent au-dessus du corsage dégrafé. Elle tressaillit de nouveau, tel un faon
effrayé, en voyant le regard avide de l'homme se repaissant de sa relative nudité, mais presque aussitôt reprit sa rêverie et le laissa faire ce que bon lui semblait.
Le capitaine s'employa aussitôt à défaire les derniers lacets du corsage, avec des doigts agiles; ce fut bientôt chose faite; il était à présent entièrement
ouvert et, au travers de la gaze vaporeuse de la chemise, il voyait se dessiner les adorables reliefs de son buste magnifique. Avec une exclamation de joie, il fit glisser le
corsage, une manche après l'autre, et le jeta au loin d'un geste fou, sans quitter des yeux son amante voluptueuse, dont les bras blancs paraissaient dignes de
Vénus elle-même.
Le souffle court, il tourna son attention vers les jupes, qu'il dégrafa avec empressement. Puis il s'agenouilla devant elle, lui ôta ses chaussons. Et, sans
hésiter à présent, il remonta sous ses jupes, jusqu'à ses genoux, pour défaire ses bas qu'il lui ôta. Elle sursauta malgré elle, quand ses mains rencontrèrent sa chair, mais se fit de nouveau
passive, bien que le sang affluât de plus belle à ses joues.
Alors il lui murmura de rester calme et, se redressant brusquement, il arracha ses propres vêtements, avec une impatience folle. En l'espace d'une seconde, il
était totalement nu, et se révélait blanc et robuste comme Apollon lui-même, magnifique exemple d'énergie virile.
Il demeura debout devant elle, sûr de lui et, tendant les mains vers elle, s'écria: «Esmeralda, sois à moi !» Le son de sa voix tira la jeune file de sa
rêverie; elle ouvrit de grands yeux, vit le témoignage hideux, gonflé de sang de son désir et, l'espace d'un instant, hésita, détournant la tête, dernière résistance de la pudeur virginale
confrontée pour la première fois au désir de l'homme (réaction fréquente en cet instant). Puis il parla, d'une voix tout à la fois tendre et passionnée; et la nature balaya cette hésitation d'un
instant; le désir inné de la chair s'affirma en elle; elle le fixa un instant droit dans les yeux, les larmes au bord des paupières; il avait toujours les mains tendues vers elle; alors, elle se
leva pour les saisir avec avidité. Dans ce mouvement, ses jupes dégrafées tombèrent au sol, et la gaze de sa chemise, qui s'arrêtait à ses genoux, fut le dernier rempart de sa beauté tremblante.
Il lui prit les mains, et elle fit un pas pour se dégager de ces vêtements perfides. Un bref instant, il but du regard le doux visage, y vit le miroir de sa propre passion flamboyante; alors, les
mains tremblant d'excitation, il dégrafa l'ultime vêtement qui s'ouvrit, dénudant le cou de la jeune fille; il s'arrêta encore une seconde, avant de dévoiler enfin ses charmes adorables, puis
dégagea les bretelles de ses épaules; le vêtement, aussi doux que de la soie, glissa au sol comme un voile.
Tout son corps frémissait, tandis qu'il contemplait la chair nue de la jeune fille. Elle possédait les mains et les pieds les plus délicats qui soient; ses
bras, ses jambes, étaient exquise ment fuselés; la fraîcheur rosée de sa peau était édénique. En outre, elle arborait des seins pleins, plus voluptueux que classiques ; des hanches d'une lourdeur
presque orientale, et il émanait de son maintien une souplesse, une vigueur qui confirmèrent, à l'œil exercé de Phoebus, que c'était là le trophée le plus somptueux qu'il eût jamais pris entre
ses bras.
Non sans effort, il se retînt de saisir la jeune femme qui demeurait là, les yeux mi-clos, mais posa les mains sur ces épaules lisses, frémissant au simple
contact de sa peau blanche, et s'écria d'une voix brisée par la passion: «Esmeralda, dis-moi encore que tu m'aimes !»
Et elle, le souffle court, répondit du même ton:
«Oh, venez, faites de moi ce que vous voudrez; je suis à vous. Prenez-moi, prenez-moi toute. Qu'est ma mère pour moi, à présent? C'est vous qui êtes ma mère,
car je vous aime, Phoebus, mon capitaine adoré; c'est moi, regardez-moi, c'est bien moi, cette petite fille qui vient vers vous. Mon âme, ma vie, mon corps vous appartiennent. Je suis tout à
vous, mon capitaine. Je serai votre maîtresse, votre plaisir, quand vous le voudrez; à vous, toujours à vous. Prenez-moi, Phoebus, tout vous appartient. »
Tout en disant cela, la voix étranglée par la passion, elle accrochait ses deux bras tendres au cou de l'officier, le fixant d'un regard implorant, ses yeux
magnifiques noyés de larmes, avec sur les lèvres un sourire inexprimable. Le capitaine, enivré, posa ses lèvres sur les superbes épaules, tout en prenant soin de ne pas laisser son corps toucher
le sien. La jeune fille, la tête rejetée en arrière, les yeux au plafond, tremblait sous les caresses ardentes. Enfin, il unit ses lèvres brûlantes aux siennes, et chacun but à la bouche de
l'autre une longue gorgée d'amour. Les paupières moites à présent, ils s'embrassèrent sans fin, profondément, jusqu'à ce qu'enfin, resserrant un peu son étreinte, il presse pour la première fois
contre son torse les seins adorables, tout en évitant que leurs hanches ne se rencontrent, et même que son pieu palpitant de désir approche de la silhouette blanche comme neige. Mais pour elle,
cette pression contre ses seins voluptueux était une délicieuse introduction à la belle histoire qu'elle allait lire cette nuit, le véritable début de ce ravissement de la chair, le premier pas
vers cette union divine de la force et de la beauté qui s'achève dans un baiser suprême, indicible; ce couronnement vertigineux de Vénus dans toute sa gloire.
Et comme ses seins joignaient leurs frissons de plaisir à la sensation divine dont elle s'abreuvait à ses lèvres, ces jouissances inconnues furent trop pour la
jeune fille, qui se laissa aller contre son amant. Il comprit et la guida vers le vieux divan, dont la literie fatiguée serait le lit nuptial d'Esmeralda, si belle qu'elle conférerait au meuble
défraîchi le charme de la couche du roi lui-même.
Elle s'y étendit et se glissa vers le mur, sachant qu'il ne tarderait pas à la rejoindre. Il demeura un instant debout, à demi détourné, caressant son membre
d'acier, brûlant de posséder le trésor de l'adorable vierge. Puis il s'approcha du lit et baissa les yeux vers elle. Les lèvres sèches, les narines dilatées, les yeux noyés, il caressa du regard
les petits seins bien ronds, les cuisses et les hanches opulentes et, au milieu de toute cette fastueuse blancheur, le nid mousseux de poils noirs entourant le lieu où bientôt leur désir mutuel
trouverait son assouvissement.
La langueur de la jeune fille faisait place à l'ardeur.
Elle ouvrit les yeux et se tourna légèrement vers lui, remarquant ses yeux brillants de désir posés sur son temple sacré; l'espace d'un dernier instant, comme
elle contemplait la verge qui allait ravir sa virginité, un vague sentiment d'angoisse s'empara d'elle, puis le désir reprit le dessus, et elle fut de nouveau prête, non, impatiente à présent de
savoir quelles sensations pouvait susciter cet instrument de torture cramoisi et, souriant, elle tendit vers lui ses bras rayonnants.
Immédiatement, il s'allongea à ses côtés, glissa un bras sous sa nuque et ses épaules, enlaça de l'autre son corps brûlant, et l'attira tout contre lui. Elle,
également, l'entoura de ses jolis bras, pressant son corps souple contre le sien, sur quoi tous deux, grisés au-delà du dicible par ce divin contact des chairs, demeurèrent longtemps ainsi,
étendus, silencieux, immobiles, dans une pose d'amour statufié, exceptés le soulèvement régulier des deux poitrines pressées l'une contre l'autre et la palpitation de son dard raidi entre son
ventre et la chair blanche de la jeune fille.
Enfin, après ce qui leur parut des siècles de plaisir, la jeune fille n'ayant cessé de goûter davantage les délices de cette étreinte, il se laissa glisser un
peu, passa une jambe au-dessus des siennes, et nicha doucement le gland de sa verge dans ce petit nid mousseux, juste au dessus de ce centre des délices où ils allaient bientôt consacrer leur
amour suprême. C'était trop, elle perdit pied; à cette approche si intime du membre viril, elle laissa échapper un cri et pressa ses lèvres brûlantes contre les siennes. Elle écrasa son corps
contre le membre d'acier. Et lui, pour la taquiner, recula légèrement, mais elle se colla à lui de plus belle, ne voulant perdre aucune parcelle de ce contact. Ils jouèrent ainsi plusieurs fois;
les cuisses velues et musculeuses de l'homme enlaçaient celles, blanches et lisses de la jeune fille et, quand il se retirait, c'était elle qui l'enlaçait à son
tour. Mais tous deux prenaient soin de ne pas trop s'éloigner pour ne pas ôter trop longtemps l'éperon brûlant du nid mousseux où son gland revenait se nicher,
à quelques centimètres à peine des lèvres d'amour au-delà desquelles s'ouvrait le paradis et juste au-dessous de ce tapis de mousse, de son clitoris divinement sensible, déjà érigé, palpitant
d'une impatience folle, ressentant déjà au travers de la peau, les vibrations magnétiques du membre d'acier. À présent, la jeune fille soupirait et gémissait de plaisir, et Phoebus était
infiniment séduit par son indescriptible beauté, et la vitesse à laquelle elle s'acheminait vers le début de l'acte proprement dit, tout proche maintenant.
Car la chaleur de ses hanches couvertes d'une pellicule de sueur, l'odeur de sexe que commençait d'exhaler tout son corps, la pression régulière de ses seins
généreux contre lui, les larmes qui emplissaient ses yeux et, de temps à autre, roulaient sur ses joues, lui disaient que le temps était venu de prendre totalement possession de cette
beauté.
Doucement, il la tourna sur le dos, la tenant toujours serrée contre lui, mais en allégeant la poussée contre son bouton d'amour tandis qu'il s'allongeait sur
elle et en reculant un peu son membre, de sorte que quand il eut recouvert de tout son corps le corps délicieux, celui-ci se trouva suspendu, raidi entre les cuisses neigeuses et opulentes de la
jeune fille. Ils restèrent un moment ainsi, jusqu'à ce qu'elle s'accoutume au poids d'un corps d'homme sur elle et constate que ce poids même, sur les seins d'une jeune fille peu habituée à être
ainsi traitée, est générateur d'une agréable sensation.
Puis, quand il pensa qu'elle était prête pour la leçon capitale, il se souleva doucement et, de sa main droite, chercha le point secret et écarta délicatement
les poils qui pouvaient dissimuler l'accès au temple sacré. Alors, il approcha de l'entrée son membre gonflé de désir. De sa main droite, il l'abaissa légèrement, de manière à le positionner
juste en face, et avança encore un peu. À présent, il touchait les lèvres humides. Encore un peu, encore un peu; la jeune fille laissa échapper un cri étouffé, tandis que le gland pénétrait à
l'intérieur.
Il lui fallait dépenser des trésors d'habileté pour ne pas s'abandonner maintenant; elle avait failli avoir raison de lui, avec ce magnétisme incroyable
qu'elle dégageait; il demeura donc un instant immobile; il avait à présent passé ses deux mains sous les épaules de la fille. Ils restaient totalement immobiles, et il put sentir distinctement,
sous lui, le battement effréné de son cœur. Ils ne bougèrent pas jusqu'à ce qu'il ait totalement retrouvé le contrôle de lui-même, car il savait ce qu'elle, dans son innocence, ne pouvait
qu'ignorer: cette dure épreuve qui les attendait, afin que leur passion puisse s'assouvir. Elle devrait faire le sacrifice de la douleur avant de pouvoir récolter les fruits du plaisir.
Et donc, plus calmement, il commença doucement d'enfoncer son membre dans l'étui virginal. Elle, dépassée par ses propres sensations, gémissait et haletait à
chaque nouveau mouvement. Le membre d'acier distendant son sexe lui procurait une sensation de pur plaisir, jusqu'à ce que - il était à demi entré - elle recule brusquement, malgré elle. Il avait
atteint son hymen. Et, pour la première fois, il dût la rassurer, en lui disant qu'il lui faudrait avoir un peu mal avant que leur plaisir pût être consommé, mais cette fois seulement, et
qu'après cela, elle ne connaîtrait plus que le bonheur de l'acte. Avec des mots, il la tranquillisa autant qu'il le pouvait puis, la saisissant fermement par ses tendres épaules, il donna le
premier assaut, assez violent. La barrière résista; la jeune fille laissa échapper un cri de douleur. Il savait qu'il était désormais inutile de parler, car il fallait en passer par là, douleur
ou pas, pour qu'ils puissent parachever leur union divine. De nouveau, il se retira légèrement, puis revînt à la charge. La membrane résistait toujours, et la malheureuse Esmeralda poussa un
grand cri. Nouveau recul, nouvel assaut, nouvel échec, mais à présent, la pauvre créature était épouvantée. «Oh, Phoebus, épargnez-moi », gémit-elle, «épargnez-moi. Oh, je ferai tout, tout pour
vous, mais laissez-moi. Je vous en prie, laissez-moi, oh, oh, oh ... » Il ne pouvait pas la laisser, car ceci devait forcément être fait un jour et, s'il abandonnait à présent, elle demeurerait
trop effrayée pour subir ce calvaire une autre fois. Il attendit donc un instant, et tenta de la convaincre, de la consoler du mieux qu'il le pût, d'apaiser ses craintes, sans y parvenir tout à
fait.
Mais lorsqu’elle se fût quelque peu calmée, il se prépara, sans un mot, à une autre tentative; de nouveau, ses mains brûlantes la saisirent aux épaules, il
appuya ses pieds nus contre le coffre, recula les reins de quelques centimètres, et chargea derechef. Et une fois de plus, sans autre résultat qu'un cri de douleur de la jeune fille pantelante;
derrière ses bras blancs serrés autour du cou de l'homme, elle maudissait son sort à présent. Mais lui, toujours silencieux, se retirait de nouveau; cinquième tentative, et encore des cris et des
sanglots. Combien il avait pitié de ce pauvre agneau qu'il était contraint de sacrifier ainsi ! Les larmes affluèrent à ses yeux comme, levant la tête, il contemplait le cher visage aux traits
tirés par la douleur, les yeux adorables brouillés de larmes, et il nicha sa tête au creux de son cou, mêlant ses larmes à celles de la jeune fille. Mais la nature s'éveillait de nouveau. Il
recula son membre toujours humilié; s'immobilisa à environ un centimètre; donna une nouvelle poussée; hélas, malheureuse, malheureuse enfant, seuls tes cris désolés répondirent à l'assaut. «Oh,
Phoebus, mon chéri. Je ne peux pas. Je ne peux pas supporter ça, je ne peux pas. Je vous en prie, je vous en supplie, laissez-moi. Oh, Phoebus, par pitié; aidez-moi; je vous en supplie! Par
pitié! PAR PITIÉ!!!»
Mais il ne répondit pas; il se disait qu'il fallait mettre fin à la torture de cette pauvre fille, à tout prix; il ne supportait plus ces cris pitoyables; il
n'y avait qu'une manière, la seule bonne manière, aussi cruelle fût-elle. Ilia saisit sous les épaules, plus fermement que jamais, recula d'environ deux centimètres de la barrière, ses jambes
musclées prirent solidement appui contre le coffre, et la jeune fille redoubla de sanglots; mais sa résolution était inflexible; et son pieu également était inflexible, car cette fois, donnant un
furieux coup de reins, il déchira la membrane et s'enfonça au-delà de trois bons centimètres, tandis que la malheureuse criait de plus belle. Un étranger, entendant ces hurlements, aurait cru que
la pauvre recevait une terrible correction, alors même qu'on la préparait au plus grand bonheur qui puisse lui advenir. Sa douleur, cependant, était parfaitement réelle et, longtemps après avoir
vu tomber ses dernières résistances au viol, elle demeura là, sanglotante, son corps adorable tout secoué, encore sous le choc.
Mais tout a une fin, et elle finit par s'apaiser. Ilia rasséréna du mieux qu'il pût, et peu à peu le désir recommença de s'infiltrer dans ses veines. Il remua
lentement dans le fourreau si étroit, et le baume calmant dont il avait pris soin d'enduire son engin avant de la posséder ayant produit son effet, ce mouvement ne lui procura que du plaisir. Dès
l'instant où elle s'en rendit compte, son ardeur se réveilla rapidement, et il se sentit bientôt encouragé à continuer vers le but ultime. Comme il pénétrait plus profondément le temple d'amour,
la pression se fit plus forte sur le mont de Vénus; l'organe exquisément sensible qui se dissimulait au-dessous du nid mousseux se voyait compressé par force, et chaque nouvelle pression ajoutait
au plaisir de la jeune fille.
À présent, tous deux étaient impatients d'atteindre l'orgasme. La chaleur toujours plus dense qui émanait du corps de cette beauté provisoirement domptée
suscitait en Phoebus un désir irrésistible de mettre à l'épreuve du plaisir le corps immaculé qu'il enlaçait, et d'offrir à l'adorable vierge le premier torrent brûlant de passion qui jaillit des
reins d'un homme; quant à Esmeralda, maintenant que la douleur avait fui, elle se révélait non seulement physiquement impatiente, mais également curieuse, mentalement, de voir comment cet
instrument allait définitivement mettre fin à son état de vierge.
Il l’a saisit de nouveau sous les épaules, fermement, mais cette fois, c'était pour lui donner le plaisir le plus divin qui fût; elle le savait, et l'enlaça de
toute la force de ses jolis bras, un passé autour de son cou, l'autre juste au-dessous des épaules. Un observateur aurait remarqué l'expression extatique de la jeune fille, tandis que l'homme
raidissait ses bras, les jambes appuyées contre le vieux coffre, et enfonçait son pieu d'acier d'un centimètre ou deux dans le fourreau de sa virginité. Alors, pour la première fois, ces lèvres
intactes qui gardaient l'entrée du sanctuaire connurent ce suprême baiser d'un homme; et ce baiser la fit frissonner des pieds à la tête; elle poussa un cri de bonheur. L'espace d'un instant,
inquiet devant un résultat si rapide, il se retira légèrement; puis, quand tous deux eurent récupéré de ce premier choc, il plaça de nouveau son gland à l'entrée du sanctuaire. Et à présent, au
contact de ces deux parties de leur corps, un tremblement délicieux commençait de les unir, par vagues. Montant de ses lèvres vierges pressées par le gland brûlant, elle sentait ce tremblement
exquis de la jouissance fulgurer dans sa colonne vertébrale, jusqu'à son cerveau, tandis que les images les plus magnifiques passaient devant ses yeux; puis, elle sentait distinctement le frisson
redescendre jusqu'à son temple d'amour et pénétrer, telle une vibration électrique, l'éperon brûlant, et à son tour, l'homme tremblait légèrement, tandis que le plaisir montait à son cerveau et
que la même volupté l'envahissait. Sans cesse, elle passait ainsi de l'un à l'autre, à chaque retour plus intense, plus délicieuse. Elle l'enserra plus fermement de ses bras, pressant ses jolies
jambes contre lui; son plaisir montait encore; elle s'accrochait à lui, plus fort; son souffle brûlant se précipitait. Lui faisait appel à toutes les ressources de sa volonté pour ne pas laisser
jaillir le torrent de sa passion en elle, qui haletait, vibrait, s'agrippait éperdument à lui. Et soudain, comme il s'y attendait, les membres de la jeune fille se détendirent, sa rigidité
disparut soudain, et elle demeura immobile et sans réaction. Il leva la tête; elle avait les yeux mi-clos; ses joues étaient cramoisies; elle versait pour la première fois les larmes de sa
fontaine d'amour; l'huile virginale, qui ne coule jamais deux fois, s'échappait de sa coupe pour venir oindre l'instrument vainqueur de l'heureux Phoebus. Il en sentit rapidement les effets sur
son gland; il avait peine à se contenir; il haletait; ses hanches commencèrent de se contracter malgré lui, tant ses muscles étaient impatients d'éperonner cette beauté. Son gland était à présent
baigné de ce baume qui incessamment fulgurait en frissons brûlants dans tous ses nerfs. Il n'allait pas tenir bien longtemps, mais la jeune fille reprenait rapidement des forces; il leva de
nouveau la tête vers elle; elle ouvrit de grands yeux brillants de larmes, mais c'étaient cette fois des larmes
d'ivresse et de bonheur anticipé. Elle l'enlaça encore de ses bras somptueux; pressa derechef ses jambes d'ivoire contre les siennes. Ayant payé son tribut à
la virginité, elle était maintenant impatiente d'en finir avec celle-ci.
Avec un cri éperdu, il raidit les bras, appuya ses pieds contre le coffre; pressa son instrument conquérant contre sa victime trois fois consentante.
Indescriptible vision que celle de ces deux corps blancs unis dans cette étreinte divine.
Chaque muscle, chaque nerf tendu à se rompre, ils se fondirent l'un dans l'autre.
Il y eut un dernier instant de silence, d'immobilité, d'exaltation suspendue.
Puis un spasme puissant saisit tout le membre
vigoureux, au creux de ses lèvres virginales.
Elle comprit que l'orgasme était tout proche. Ils haletèrent, une fois, le souffle court.
Un deuxième spasme, plus intense encore que le précédent; la semence était prête de jaillir.
Elle allait connaître le secret de la vie.
Car, dans une troisième, sublime convulsion, le premier flot de cette sève de la passion ruissela dans le temple d'amour.
Sa pureté s'était enfuie à jamais. Mais la gloire divine du paradis lui-même était à présent sienne.
Elle poussa un grand cri en sentant cette première vague destructrice et revivifiante de la passion; le cri le plus merveilleux qu'un homme pût entendre, celui
d'une vierge déflorée, et heureuse.
Lui aussi avait crié; c'était un son étrange aux oreilles de la jeune femme; une fille ne l'entend qu'une seule fois; c'est le cri du ravissement devant le
bonheur délicieux d'une vierge impatiente de connaître tout ce que la vie lui réserve.
Un deuxième spasme fit jaillir le liquide chaud dans le temple à présent défloré, et elle poussa un nouveau cri d'extase mais, cette fois, c'était celui de la
connaissance aboutie et du désir consommé.
Puis, comme l'homme continuait de déverser en elle sa semence brûlante, elle commença de se débattre de plaisir sous ses assauts lubriques. Elle se mit à
crier, encore et encore:
«Oh, Phoebus, laisse-moi, je t'en prie. Laisse-moi.
Laisse-moi. Tu me tues, Phoebus. Oh, Phoebus, je t'aime, je t'aime, je t'aime tant. Oh, Phoebus, par pitié laisse moi. Par pitié. »
L'amant avait déjà entendu de telles paroles, mais certainement jamais d'une bouche aussi ravissante. Il arqua légèrement le dos et commença d'aller et venir
en elle. Ce mouvement rendit folle la jeune fille déjà aux abois. Elle poussa un cri de passion éperdue sous cette torture. Il continua à la fourrer, de plus en plus fermement; et de nouveau,
elle gémit, et ce fut comme une douce musique à son oreille:
«Oh, Phoebus, mon amour, laisse-moi. Je t'en prie!
Je t'en prie! Oh, mon amour, mon Phoebus, que fais-tu, que me fais-tu? Ne me tue pas! Ne me tue pas! Oh non ... non ... par pitié, PAR PITIÉ ... NON!!!»
Elle défaillit, comme il cessait ses assauts. La souillure était consommée.
Ils reprirent lentement conscience, tandis que l'ardeur brûlante de leur passion tiédissait peu à peu. Mais la jeune épousée au regard de l'amour demeura un
moment serrée dans les bras de celui qui avait dérobé sa chasteté; puis, après avoir échangé de nombreux murmures amoureux, elle soupirant encore de bonheur, il dégagea doucement ses bras
ravissants, et se retira avec précaution.
Elle gisait là, la poitrine toujours soulevée par le souffle puissant de l'émotion. Les deux globes si ronds, si pleins lorsque la chemise de gaze les avait
dévoilés en glissant, étaient à présent comme écrasés par la violence de l'assaut. Elle gardait les yeux fixes, grand ouverts; sa chevelure défaite s'étalait sur ses épaules; ses bras blancs, si
tendres, demeuraient sagement allongés contre ses flancs. En un court moment, juste le temps nécessaire à le raconter, elle s'était vue transformée. Mais ses pensées, quand la pensée lui revînt,
ne furent nullement empreintes de regret. Le monde s'était révélé à elle dans une nouvelle lumière et, quoique physiquement épuisée en cet instant, elle se sentait suprêmement heureuse. La vierge
timide, tremblante, qui était entrée dans cette soupente si peu de temps auparavant avait été touchée par cette baguette magique de la force virile, et gisait là à présent, recelant dans le
trésor de ses entrailles si brutalement profanées la sève revigorante des reins de son amant. Sa pureté de jeune fille s'était enfuie, mais cette expérience divine lui avait révélé la richesse de
ses charmes, le prix qu'ils avaient aux yeux d'un amant, et cette découverte ne l'accablait aucunement.
Au bout d'un moment, elle se leva quelques instants puis, quand elle se sentit prête, revint s'allonger, dans son exquise nudité. Elle savait bien que leur
nuit d'amour ne faisait que commencer; que bientôt, son amant empressé guérirait de nouveau son corps magnifique, pour leur plus grand bonheur à tous deux.
Alors, Phoebus s'approcha du lit, et elle tourna vers lui ses grands yeux noirs, puis tout son corps blanc, avec une aisance, une liberté fort différente de ce
qu'elle avait ressenti la première fois. L'homme avait retrouvé son énergie, gonflé de santé, de désir, et c'est d'un œil brillant de sensualité qu'il parcourut la chair adorable de la fille
qu'il avait si furieusement outragée. Et ces yeux brillants, ces lèvres chaudes, ces seins magnifiques, ces jambes d'ivoire, ces bras immaculés, ces hanches généreuses, ce sombre nid d'amour au
milieu de toute cette chair blanche et voluptueuse, l'appelaient irrésistiblement. Il se coucha bientôt près d'elle, et ils s'enlacèrent de nouveau. Il embrassa ses lèvres brûlantes, encore et
encore. Cette fois, ce n'était plus une novice qu'il tenait serrée contre lui, mais une jeune beauté ardente; elle avait goûté au fruit de la luxure, que l'on appelle si sottement péché, et
n'avait qu'un désir, répéter ce festin. La nature la pressait; les baisers ardents, l'haleine brûlante de son amant excitaient son désir d'obtenir de lui un nouvel hommage de sa force à sa
beauté. Lui-même était grandement stimulé par la chaleur toujours croissante de la femme ravie qui haletait maintenant sur sa poitrine, à demi couchée sur lui, s'offrant encore à l'amour. De
nouveau, son membre trouva le corps blanc, se pressa contre lui. Elle le sentait, brûlant, sur sa chair. Une vive curiosité, que ne refrénait plus la pudeur, la poussa à glisser sa main délicate
jusqu'à lui, et à saisir l'objet de désir qui avait profané sa virginité. Elle l'entoura doucement de ses doigts et le pressa légèrement, puis glissa jusqu'aux bourses velues qu'elle saisit de sa
main brûlante. Plusieurs fois elle les serra d'une paume inexpérimentée, et il faut là lui accorder ton pardon, cher lecteur, car elle n'avait encore jamais connu d'homme livré à elle, et son
intérêt pour sa constitution était parfaitement naturel. Elle pressa, disais-je, les bourses poilues de ses doigts fins, tandis que le gland brûlant et palpitant frôlait son bras tendre et
immaculé. Et à chaque pression sur les bourses, un frisson émanant du membre érigé traversait le corps de l'homme, des pieds à la tête. Elle le remarqua, et se mit à rire devant son trouble. Car
bientôt, il tremblait de passion, avide de la prendre de nouveau. Ses hanches commençaient d'aller et venir en un mouvement compulsif, frottant sa verge contre le bras adorable, tandis qu'il la
serrait contre lui.
Elle savait à présent ce que signifiait ce va-et-vient, et ne tenait pas à voir gaspiller la précieuse semence, sinon comme la nature le commandait.
Immédiatement, elle abandonna les bourses, retira sa main et entoura son cou des deux bras, pressant son bassin voluptueux contre le pieu de l'homme. Toujours enlacés, ils roulèrent sur le lit.
Sous lui, elle poussa un cri de jouissance en sentant la pression sur son mons veneris. De nouveau, la main de l'homme chercha l'entrée du temple; elle demeura totalement silencieuse, haletant
d'impatience, tandis qu'il pressait son gland contre ses grandes lèvres; cette fois, c'est avec ardeur qu'elles accueillirent le glaive d'acier, non plus comme un intrus, un ravisseur, mais comme
un ami précieux, prêt à soulager les tourments de la belle.
C'est avec des cris de bonheur qu'elle le reçut, tandis qu'il pénétrait dans le fourreau brûlant, avançant vers le sanctuaire que nulle barrière ne protégeait
plus; il n'y avait plus que volupté pour tous deux; elle enserrait l'homme de ses bras, se pressait contre lui de tout son corps, dans l'ivresse de sa deuxième reddition. Non seulement elle était
plus réceptive à présent, mais elle se montrait désireuse de l'aider.
Et l'amant, submergé de joie devant l'ardeur de la jeune beauté, décida de porter le plaisir jusqu'à des sommets encore jamais atteints, de répondre au désir
par les sensations les plus invraisemblables que l'on put tirer de ses hanches luxurieuses et de son tempérament de feu.
Il s'avança vers la jeune fille, et bientôt, son membre vînt de nouveau se nicher contre son vase d'amour; il pressa son gland vibrant contre les lèvres; des
vagues de plaisir recommençaient de rouler de l'un à l'autre, comme auparavant; le bonheur parcourait la femme, de son visage empourpré jusqu'au bout de ses pieds délicats, et au cœur de toutes
ces sensations, entre ses jambes superbes, semblaient résider toutes les bénédictions du paradis.
Il lui dit alors que leur passion devait maintenant atteindre des hauteurs encore plus grandes que la fois précédente; avec son aide, ils parviendraient à des
sommets d'extase vertigineux. Ces paroles suscitèrent des pensées indescriptibles chez la jeune fille, débordant déjà de désir. Il lui semblait avoir appris tout ce qu'il y avait à savoir; elle
ne se rendait pas compte qu'elle avait pour amant un homme qui possédait une grande expérience de l'art de l'amour. S'il existait des délices supérieurs à ceux qu'elle avait connus la première
fois, elle ne se pensait pas capable de les supporter. Mais elle se décida à tenter l'expérience, et s'aperçut que sa force lui permettait de suivre l'homme jusqu'au bout.
Il glissa ses deux mains sous ses hanches, tenant fermement ses fesses généreuses et commença de se frotter doucement contre elle. Elle passa les bras autour
de son cou. De ses mains puissantes, il pressa ses hanches et lui enjoignit de se cambrer un peu, pour que ses hanches rencontrent ses bras. Ils continuèrent ainsi un moment, elle frissonnant de
plaisir à chaque caresse. Puis, sans interrompre son mouvement de va-et-vient (relativement frustrant, certes), il lui expliqua comment participer. Alors, s'aidant de ses mains, elle souleva les
hanches pour venir à sa rencontre et bientôt, tous deux se frottèrent l'un contre l'autre, tanguant dans une union divine. La délicieuse jeune femme vibrait déjà de désir, mais son bon sens lui
enjoignit de rester aussi calme que possible, et de goûter cela aussi longtemps que la nature le lui permettrait. Et ainsi, ils ondulèrent ensemble comme autant de vagues sans fin, laissant
monter l'irrépressible marée du désir. Elle finit par crier tant la sensation était forte; il craignait que l'huile de son désir ne déborde, alors ils se reposèrent.
Ils demeurèrent allongés et silencieux, jusqu'à ce que le calme soit revenu en eux, puis Phoebus lui chuchota quelque chose; un observateur aurait remarqué
que, tout en lui parlant à l'oreille, il écartait légèrement les jambes, prenant toujours fermement appui contre le coffre, puis qu'elle levait ses jambes fuselées et les croisait sur celles de
l'homme, ses mollets rebondis posés sur le dos velu de ses cuisses, ses pieds délicats se rejoignant. Alors, au contact de cette chair tendre et douce pressée contre lui, Phoebus sentit un
torrent de désir l'envahir, et son éperon ardent pénétra sans hésiter le trésor de la créature de rêves; aussitôt saisie par l'incroyable sensation qu'il provoquait, elle frémit sous l'étreinte,
s'accrochant à lui de plus en plus frénétiquement, puis, avec des gémissements de plaisir, ouvrit grand les généreuses fontaines de son sanctuaire d'amour, et laissa follement s'épancher ses
fluides sur le gland gonflé en elle. Préparée à cela, elle ne se laissa pas aller autant cette fois, et garda beaucoup de force. Ayant versé en abondance l'huile glorieuse du plaisir, elle ne
tarda pas à retrouver sa vivacité, tout au service de leur plaisir mutuel.
Tous deux savaient à présent que les hauteurs vertigineuses étaient à leur portée.
Ils se prirent dans une étreinte immobile, insensée. Déjà affolés de désir, ils écrasèrent éperdument l'un contre l'autre leurs deux corps haletants.
Il noua ses bras plus étroitement, si possible, autour
de ses hanches desquelles semblait émaner une vapeur.
Frénétiquement, elle glissa les bras jusqu'au milieu de son dos et l'attira vers elle, de toutes ses forces.
De ses mollets exquis, de ses jambes lisses, elle enserra encore les muscles bandés de l'homme.
Et, au plus fort de cette étreinte, il commença de presser son membre contre son calice d'amour.
C'était là le premier élan qui les mènerait, follement, vers les joies paradisiaques.
Elle cambra son dos si souple, se soulevant à chaque frottement du membre; une vingtaine de fois ils se soulevèrent ainsi, puis il sut que le moment était
venu.
Il lui dit quoi faire.
Immédiatement, elle inversa son mouvement. Elle demeura soulevée jusqu'à ce qu'il se retire. Puis, guidée par un mot, elle descendit sur lui. Un cri lui
échappa à cette première poussée.
Il se retira, elle se souleva, le bélier était à moins de deux centimètres de la porte du temple.
Comme il donnait un coup de reins, elle descendit de nouveau, et son sexe pénétra presque entièrement le fourreau, jusqu'à presser les lèvres sacrées.
Comment une fille aurait-elle pu supporter un tel assaut !!!
Il se retira de nouveau; de nouveau elle se souleva, et il s'approcha des grandes lèvres; de nouveau il la pénétra; et un nouveau cri d'agonie délicieuse
résonna dans la pièce.
Il fallait à l'homme une volonté inconcevable pour lui permettre de tenir si longtemps.
Il se retira pour la quatrième fois; revint à l'entrée du sexe; donna un nouveau coup de bassin, tandis qu'elle faisait de même; son gland s'enfonça encore
jusqu'au fond du fourreau lubrifié, brûlant, et il se pressa contre sa motte.
Elle cria plus fort encore; elle sanglotait aussi, mais c'étaient des larmes de passion.
Cinquième fois; il se retirait; il s'avançait; elle s'avançait, il la pénétrait, pressé contre les lèvres tendres du vagin; elle poussait des gémissements
éperdus.
Et soudain, de ses entrailles devenues folles, s'écoula le fluide d'une deuxième jouissance
Mais cela ne lui ôta aucune force.
Pourtant, lorsqu'il se retira pour la sixième fois, avec un cri presque douloureux de volupté, et qu'il revînt en elle, elle n'eut pas ce mouvement de
s'avancer pour le prendre.
Elle était comme statufiée par trop de plaisir.
Son gland, noyé de fluide, envoya instantanément le message à son cerveau, qui le répercuta dans tout son système nerveux.
C'était là un superbe démon de féminité déchaînée; toute son âme se concentrait dans les sensations d'un plaisir affolant.
Sept fois il se retira; elle demeurait tendue, le dos arqué en arrière.
Ilia pénétrait jusqu'au fond de la cavité lubrifiée, d'un seul mouvement de désir et, pour la deuxième fois, plongeait son gland rouge sombre dans le
merveilleux fluide.
Il la comprenait.
Elle se laissa glisser plus bas encore, le saisit aux hanches, l'enserrant encore plus fort de ses mollets.
Il enlaça ses hanches de deux bras puissants, et elle se cambra davantage, son dos décrivant une courbe admirable.
Elle banda chaque muscle de ses bras et jambes somptueux pour le presser plus fort encore contre ses cuisses.
Et, dans cette étreinte suprême, ils atteignirent les sommets paradisiaques.
Sans palpitation préliminaire, mais dans un jaillissement puissant de sperme brûlant, dans le premier instant de cet orgasme délirant, ils donnèrent enfin
libre cours à l'aboutissement de leur désir.
Avec un cri sauvage, leurs âmes mêmes se ruèrent vers une extase mutuelle.
Ils ne faisaient plus qu'un; ils ne connaissaient plus rien que l'amour, l'amour fou, la passion déchaînée.
Ils n'avaient plus guère conscience de leurs corps, car leur existence même était tout entière contenue dans ce fourreau de chair où ils réalisaient
l'apothéose des désirs de ce monde.
Ils ne connaissaient nulle autre sensation, que celles qui leur parvenaient de ce centre de la passion.
Lui ne pouvait plus donner que de courts mouvements de reins, tant ils étaient accrochés l'un à l'autre.
Mais les sensations n'étaient plus intermittentes. Elles ne cessaient pas.
Généralement, la volupté de l'union sexuelle vient par vagues coïncidant avec les giclées de l'éjaculation.
Mais tels étaient leur corps, et leur âme, que dès l'instant où ce torrent de semence eût jailli sur le fruit déjà exquisément torturé, cette sensation de joie
damnée, de plaisir suprême, cette sublime intensité de la passion, ce bonheur exalté de la possession, ce délice affolé de l'acte réalisé, ce délire insensé dans l'union de deux âmes ardentes, ne
cessa pas, et ce longtemps après que le flot puissant du désir, jailli des reins enflammés de Phoebus, eût fini d'inonder le corps glorieux d'Esmeralda!
Et maintenant, nous n'avons plus qu'à laisser la belle Esmeralda et le séduisant Phoebus terminer ensemble cette nuit. Nous n'avons pas le temps de raconter
comment, après cette magnifique rencontre de deux passions, ils se reposèrent longtemps dans les bras l'un de l'autre, échangeant de tendres et innocentes paroles. Tous deux étaient épuisés par
ce séisme qu'avait engendré leur passion mutuelle, et en outre, Phoebus savait que le meilleur moyen d'obtenir encore les faveurs d'une femme est de ne pas les solliciter trop fréquemment. Mais
avant qu'ils ne se préparent enfin à dormir, leur désir s'imposa de nouveau, et de nouveau ils s'envolèrent ensemble au paradis. Puis la jeune femme épuisée, mais non rassasiée, sombra dans le
sommeil, où il la rejoignit bientôt.
Mais quand, le lendemain matin, le soleil les réveilla tous deux en même temps, chacun contempla avec délices la nudité de l'autre, et il ne fallut guère de
temps pour que cette attention laisse place au désir. Les yeux de la jeune femme se mirent à briller en voyant son pieu se dresser fièrement, tandis que Phoebus la dévorait du regard, et, après
avoir bien observé son conquérant, en pleine lumière du jour, c'est sans réticence aucune qu'elle se laissa envelopper par les bras de son amant, afin de dissimuler ce monstre à la lumière, au
cœur de l'ardent fourreau niché au creux de son corps divin.
Cet acte délicieux accompli, ils se levèrent et commencèrent de réunir leurs effets épars, que l'ardeur de la nuit précédente avait abandonnés là où ils
tombaient. Et il leur fallut si longtemps pour tout retrouver et pour commencer de se vêtir, tout en plaisantant, que le membre de l'homme se dressa de nouveau. Et elle, seulement vêtue de sa
chemise impalpable et d'un jupon léger, n'eut pas un murmure de protestation quand il la jeta sur lit, comme cela, ouvrit la chemise pour faire jaillir les seins glorieux et presser contre eux
son torse encore dénudé, releva le léger jupon jusqu'au dessus de sa taille, et une fois encore, enfonça son membre amoureux dans le temple tant convoité; ainsi, de manière imprévue, ils
s'agrippèrent l'un à l'autre, jusqu'à ce que la nature obtienne de nouveau ce qu'elle voulait de l'amoureux Phoebus et de la délicieuse Esmeralda.
Combien de fois cette bienheureuse histoire devait-elle se répéter, au cours de la longue amitié qui les unit, je vous laisse le soin de l'imaginer.
Qui a écrit ce texte ? par Claude Lizt
En vérité, ce n’est pas la bonne question. Cependant s’il faut répondre à cette question précise, nous pencherions plutôt pour Miller. Il est vrai qu’au
début surtout, l’auteur met dans la bouche d’Esmeralda des mots qui sont ceux d’une femme très féminine. Mais Miller était un homme qui connaissait le féminin. Si c’est Anaïs Nin en revanche, le
moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle avait en elle une bonne dose de masculin !
Car la bonne question est : « de quel imaginaire ce texte témoigne-t-il ? » La réponse est alors à nos yeux est évidente.
C’est (une fois de plus) un pur imaginaire masculin : le jeune officier, dans la minute qui suit la défloration violente qui fait hurler Esmeralda de douleur, la fait
jouir plus qu’une femme qui aurait connu le meilleur amant du monde, et encore, au bout de trente ans d’amour fou. De plus, Esmeralda jouit comme un homme, par orgasmes en spasmes violents, avec
éjaculations de liquides, etc….
Le fantasme masculin est ici qu’après la phase de violence de la prise, le plaisir vient automatiquement à la femme, si la queue est belle et « dure
comme de l’acier », et que par surcroit, la femme aime cette phase de violence et de douleur, car elle amplifierait son plaisir.
Rien n’est plus éloigné de l’imaginaire féminin : pour la femme, il y a une séparation très nette et une antinomie absolue entre douleur et plaisir.
Même s’il est vrai que cette ligne peut se déplacer au moment de l’acte d’amour et dans la vie d’une femme, elle est très précise ne doit jamais être franchie ! La scène de défloration qui
nous est ici présentée confond et superpose deux âges de la vie d’une femme, c’est du pur imaginaire masculin.
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