Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 19:00

Claudel. Partage de Midi.

présenté et commenté,  à l’usage des jeunes générations, dans le « Lagarde et Michard, XXéme siècle », p212

Ysé, l'interdite (ce sous titre est du « Lagarde et Michard »)

Ce n'est pas sans raison que le décor du deuxième acte est un cimetière de Hong-Kong, « par une sombre après-midi d'avril » : Ysé et Mesa sont entrés dans le monde de l'orage et de la mort ; c'est dans ce climat de pesanteur et de malédiction qu'a lieu leur reconnaissance, qu'ils appellent amour, et que fait éclater l'appel réciproque de leur nom. Amour adultère et interdit : impasse tragique, d'où ils ne peuvent sortir sans crime, que cette coïncidence fatale de l'amour et de l'interdiction. –

THÈMES : Amour. Femme. Morale.

MESA : Ysé !

YSÉ : Me voici, Mesa. Pourquoi m'appelles-tu ?

MESA : Ne me sois plus étrangère ! Je lis enfin, et j'en ai horreur, dans tes yeux le grand appel panique !

Derrière tes yeux qui me regardent la grande flamme noire de l'âme qui brûle de toutes parts comme une cité dévorée !

La sens-tu bien maintenant dans ton sein, la mort de l'amour et le feu que fait un coeur qui s'embrase ?

Voici entre mes bras l'âme qui a un autre sexe et je suis son mâle.

Et je te sens sous moi passionnément qui abjure, et en moi le profond dérangement

De la création, comme la Terre

Lorsque l'écume aux lèvres elle produisait la chose aride, et que dans un

rétrécissement effroyable

Elle faisait sortir sa substance et le repli des monts comme de la pâte !

Et voici une sécession dans mon coeur, et tu es Ysé, et je me retourne monstrueusement

Vers toi, et tu es Ysé !

Et tout m'est égal, et tu m'aimes, et je suis le plus fort !

YSÉ : Je suis triste, Mesa. Je suis triste, je suis pleine,

Pleine d'amour. Je suis triste, je suis heureuse.

Ah, je suis bien vaincue, et toi, ne pense pas que je te laisse aller, et que je te lâche de ces deux belles mains !

Et à la fin ce n'est plus le temps de rien contraindre, ô comme je me sens une femme entre tes bras,

Et j'ai honte et je suis heureuse.

Et tantôt regardant ton visage, au mien

Je sens comme un coup de honte et de flamme,

Et tantôt comme un torrent et un transport

De mépris pour tout et de joie éclatante

Parce que je t'ai et que tu es à moi, et je t'ai, et je n'ai point honte !

MESA : Ysé, il n'y a plus personne au monde.

YSÉ : Personne que toi et moi. — Regarde ce lieu amer !

MESA : Ne sois point triste.

YSÉ : Regarde ce jardin maudit !

MESA : Ne sois point triste, ma femme !

YSÉ : Est-ce que je suis ta femme et ne suis-je pas la femme d'un autre ? Ne me fais point tort de ce sacrement entre nous.

Non, ceci n'est pas un mariage

Qui unit toute chose à l'autre, mais une rupture et le jurement mortel et la préférence de toi seul !

Et elle, la jeune fille,

La voici qui entre chez l'époux, suivie d'un fourgon à quatre chevaux bondé, du linge, des meubles pour toute la vie.

Mais moi, ce que je t'apporte aussi n'est pas rien ! mon nom et mon honneur, Et le nom et la joie de cet homme que j'ai épousé,

Jurant de lui être fidèle,

Et mes pauvres enfants. Et toi,

Des choses si grandes qu'on ne peut les dire.

Je suis celle qui est interdite. Regarde-moi, Mesa, je suis celle qui est interdite.

MESA : Je le sais.

YSÉ : Et est-ce que je suis pour cela moins belle et désirable ?

MESA : Tu ne l'es pas moins !

YSÉ : Jure !

Et moi, je jure que tu es à moi et que je ne te laisserai point aller et que je suis à toi,

Oui, à la face de tout, et je ne cesserai point de t'aimer, oui, quand je serais damnée, oui, quand je serais près de mourir !

Et qu'on me dise de ne plus t'aimer !

MESA : Ne dis point des paroles affreuses !

YSÉ : Et voici d'autres paroles :

Il faut que cet homme que l'on appelle mon mari et que je hais ne reste point ici, et que tu l'envoies ailleurs ,

Et que m'importe qu'il meure, et tant mieux parce que nous serons l'un à l'autre.

MESA : Mais cela ne serait pas bien.

YSÉ : Bien ? Et qu'est-ce qui est bien ou mal que ce qui nous empêche ou nous permet de nous aimer ?

MESA : Je crois que lui-même

Désire aller dans ce pays dont je lui ai parlé.

YSÉ : Il te demandera de rester ici

Mais il ne faut pas le lui permettre et il sera bien forcé de faire ce que tu veux,

Et il faut l'envoyer ailleurs, que je ne le voie plus !

Et qu'il meure s'il veut ! Tant mieux s'il meurt ! Je ne connais plus cet homme. Le voici.

Entrée de Ciz

DE CIZ : Bonjour.

Les deux hommes se prennent la main.

Par claude lizt - Publié dans : Citations Litterature
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 18:34

Le Voyage à Genève

de Claude Lizt

Réclame  (2)

OLNI ! Attention...

OLNI, Objet Livre Non Identifié ...

Il est posé sur la table et, attiré par sa couverture vraiment très jolie, vous l’entrouvrez avec curiosité : oh ! Vous ne pouvez lire qu’une page sur deux, le seul recto, parce que le verso est ... qu’est-ce que c’est que ça ? Ecrit à l’envers ! Tonnerre on ne vous l’avait pas encore faite, celle-là... Vous aviez déjà été piégé par une écriture en face-à-face, mais là, tête-bêche, il fallait oser... Instinctivement, vous retournez le livre. La couverture est de l’autre côté plus jolie encore. Mais, même topo ! On ne peut lire que le verso...

Vraiment intrigué, vous découvrez alors que sur l’un des côtés, il est écrit « Elle », juste au-dessus d’une paire de très jolies jambes, bas noirs, chevilles fines gentiment croisées, de dos. Lumière tamisée pour cette « Elle » qui semble voilée, discrète, douce… mais toutes jambes dehors tout de même. Où va-t-elle donc ainsi ?  OLNI, Objet Livre Notoirement Initié ?

Et de l’autre côté alors ? Ah, il est écrit « Lui ». Et c’est la courbe généreuse d’une belle hanche de femme, comme lune pleine, qui accueille la main d’un homme, aucun doute non plus là-dessus. C’est beau et cela pourrait bien donner envie de découvrir illico ce qu’une main virile fait d’une hanche lunaire... OLNI, Objet Livre Nullement Intimidé !

Alors, vous voici initié… à peine, intimidé… en aucun cas, mais rudement émoustillé.

OLNI, Objet Livre Néanmoins Irrésistible….

Par claude lizt - Publié dans : A propos de " Le Voyage..."
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 18:33

Le Voyage à Genève

Réclame  (1)

Le voyage à Genève de Claude Lizt : un livre qui ne peut pas laisser indifférent ni elle, ni lui !

Si elle lit du côté Elle.

Elle est submergée par l’amour. L’amour de cette femme dit-il tout de l’amour d’une femme ? Et là, épreuve de vérité : ce livre pourrait bien diviser le monde des femmes. Il y a celle qui s’identifie à l’amour sans limite, l’amour-vie. A l’opposé, celle qui n’en voudrait pour rien au monde ; du moins le croit-elle.  Il y a celle qui en a tellement rêvé, sans jamais y accéder, que ce récit éperdu la mène jusqu’à la douleur, à moins qu’il ne lui redonne un espoir depuis longtemps abandonné. L’amour existe ! L’amour brille à l’horizon des grandes plaines du désir. Et il ne tient qu’à elle d’aller aussi loin, jusqu’au point où la terre des corps touche le ciel des sentiments.

Si lui lit du côté Elle.

Il est touché. Se peut-il qu’Elle l’aime comme cela ? Surgit aussitôt la division du monde des hommes, immédiate, irréductible. Pour celui-ci, quel destin que d’être ainsi aimé ! Quel engagement ! A lui, homme, de se laisser ainsi désirer, adorer, admirer. Mais il lui faut oser entrer en amour. Pour celui-là, il est urgent de fuir cet amour exigeant : il n’est pas prêt ! Il lui faut de l’air, de la liberté ! Pour cet autre, mieux vaut se réfugier dans des amours légères, primesautières ; pour ce dernier, ce sera l’abattage des conquêtes multiples... Mais ils ont en commun de chercher à toute force à échapper à ce trop de ... bonheur, à cette captation. Danger !

Si lui lit du côté Lui

Il est bluffé. Quelle chance ils ont ces deux-là ! Ils se sont vraiment trouvés.  Curiosité,  ardeur, sensualité extrême, félicité... Bien-sûr il y a du trop dans l’air, mais après tout, du « trop comme ça », on doit parvenir à s’en accommoder. Mieux, on doit pouvoir y trouver plus que son compte : un nirvana des sens, cela vaut le détour. Evidemment,  il n’est pas tout à fait sûr d’être illico à la hauteur des attentes de la belle, mais à bien lire ce récit tout de même assez explicite et plein de conseils pratiques, il n’y a pas de raison à priori pour qu’il ne progresse pas, peut-être même assez rapidement, tant il se pourrait qu’il se sente bien, vraiment très bien, sous le regard de sa belle amoureuse.

Si elle lit du côté Lui

Elle n’en revient pas. Sensualité au vent, il a l’instinct sûr, ce chasseur de plaisir... Voilà l’homme curieux de la femme comme jamais elle n’avait osé l’imaginer : un tel sens de la féminité, un goût si juste de ce que son corps peut attendre, donner ! Bien-sûr, Elle a eu quelques coups durs, et cet homme en qui elle avait mis tout son espoir l’a bien déçue. Mais peut-être a-t-Elle été immédiatement trop exigeante. Sans doute même a-t-Elle commis cette erreur : Elle a cru que c’était arrivé ; Elle lui a fait peur ! A présent, elle a compris. Et quand elle apercevra la silhouette élégante d’un tel homme à la sortie du théâtre ou à la terrasse du Rostand, elle succombera : bien sûr il y a toujours un risque, mais quelle promesse !

Par claude lizt - Publié dans : A propos de " Le Voyage..."
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 18:31

Le Voyage à Genève

Présentation  par Claude Lizt –LUI

 

Nota : Lui est un chercheur qui eut 18 ans en 68

Elle et Lui. C’est  Lui qui a proposé à Elle, lors d’un voyage à Genève, d’écrire leur histoire. Chacun son récit, chacun son regard sur une passion emportée dans une spirale ascendante d’ivresse sexuelle. Une bourgeoise surnaturelle et un chercheur, curieux du féminin. Improbable rencontre. Coup de foudre pour Elle, qui va aller de l’amour au plaisir. Lui ira de la fascination du plaisir à l’amour qui rend fou. Après des décennies, sont-ils parvenus à réduire quelque peu l’insurmontable différence entre un homme et une femme d’aujourd’hui  ?

 

A vous d’en juger… Par exemple… (extrait, p 89 de LUI. C’est donc Lui qui parle) :

Nous avions atteint une telle intensité dans le plaisir que son souvenir s’effaçait immédiatement. Nous étions d’accord sur le symptôme, mais son interprétation fut bien plus originale que la mienne. Les voici.

Moi : « Je pense que la nécessité de l’oubli est pour l’homme strictement liée à la nécessité (purement morale, je le sais maintenant) d’interrompre le plaisir. C’est parce la continuité dans le plaisir est insupportable à l’homme qu’il faut l’interrompre. S’en souvenir, ce serait une façon de le continuer. Donc il faut l’oublier. CQFD. »

Elle : « Pourquoi ce sentiment que le plaisir est toujours plus somptueux ? Parce qu’on s’empresse de l’oublier. Mais pourquoi ? Sans doute parce qu’il est proprement « inoubliable ». Paradoxalement, c’est par ce qu’il est « inoubliable » qu’on oublie... Si on ne l’oubliait pas, on serait ravagé par la peur de ne plus parvenir à le retrouver, d’être déçu. Ainsi, l’oubliant, on s’offre chaque fois le grand événement de la découverte de la volupté absolue. 

Comprends-tu, Rideur*, pourquoi je pense qu’en matière d'amour la supériorité intellectuelle et pratique de la femme est écrasante ? Ne voit-on pas clairement dans cette comparaison des analyses, le véritable génie d’une femme pour l’amour et le plaisir ?

*« Rideur » est le « lecteur-lectrice »  auquel LUI éprouve sans cesse le besoin de s’adresser, alors qu’ELLE n’écrit qu’à LUI.

 

Il y a dans ce livre des scènes érotiques. Elles sont commentées et analysées par l’auteur de telle manière que le livre peut aussi bien être lu comme un conte philosophique, très XVIIIème. Les scènes sont décrites par Elle comme par Lui. Fonctionne ainsi à propos du plaisir lui-même le principe du livre : deux regards sur…

Attention, ce livre pourrait bien irriter celles et ceux qui pensent que « la femme est un homme comme les autres » et que seule la construction historique du « genre » explique les différences actuelles. L’auteur n’est pas de cet avis. A moins que l’on fasse remonter la construction du genre aux données anthropologiques fondamentales, comme tend à le faire, par exemple, Françoise Héritier. Mais dans ce cas, on parvient à une tautologie (dont elle ne conviendrait peut-être pas) :  l’homme n’est rien d’autre que ce qui l’a fait Homme : la division entre Homme et Femme. Cette division est donc immuable, sauf à changer l’humanité. Ce livre risque donc de déplaire aux femmes-homme. En revanche il comblera celles et ceux qui pensent qu’il faut au contraire affirmer, et qui cherchent à élucider l’irréductible différence, d’abord sexuelle, d’abord dans le plaisir et donc dans l’amour, pour bâtir sur ce socle une véritable liberté de la femme en tant que femme. Les femmes-femme, mais aussi les hommes-femme pourraient bien l’adorer.

 

Puisque l’auteur cherche un public, de préférence parmi les amateurs de la recherche à laquelle il se consacre, il est ouvert aux questions et au débat sur le site lié à ce livre :

http://le-voyage-a-geneve.over-blog.com/

Ou sur celui de son éditeur :  http://www.lespetitsmatins.fr/


Le Voyage à Genève

Présentation  par Claude Lizt –ELLE

 

Nota : Elle se qualifie volontiers de femme-femme-femme…

 

Que sait-on de l’amour d’une femme ? Que sait-on de son âme amoureuse avant même le premier regard, à la seule musique du nom de celui qui lui est promis et jusqu’à l’attente de l’aimé, jour après jour ?  Qui peut en conter le premier frémissement, les émotions, le bouleversement de la vie, la douleur de l’attente, sinon la femme amoureuse, la femme aimante ? Voilà ce que ce livre offre au lecteur. Une femme éprise, une femme de grand amour écrit son aventure sentimentale et passionnelle à son Homme Magnifique dans ses moindres élans : car c’est bien à Son Amour qu’est adressé ce livre. Tout y est dit de sa passion, émois originels, séduction inéluctable, formidable puissance de l’élu sur la femme qui s’abandonne à l’amour. Et ceci est écrit à l’amant adoré tout au long d’un voyage par lui initié, pour Genève, parce qu’ainsi ils partirent vers la lumière du levant.

Puis de collines en bord de lac suisse, confidences et souvenirs égrènent leur histoire, celle de deux êtres que la vie a poussé l’un vers l’autre... au hasard ? Cette femme prend mille soins à confier le long cheminement de l’âme et du corps, de l’émerveillement sentimental à la révélation irrésistible du plaisir, tout au long de ce voyage qui, d’étapes sensuelles en tête-à-tête amoureux conte leur d’amour. Le bonheur d’un homme et d’une femme que le destin confie l’un à l’autre comme s’ils devaient écrire eux-mêmes l’histoire de l’amour, aujourd’hui. Et c’est bien ce qu’ils font, fidèlement et pourtant chacun au plus près de sa différence, celle qui fait de l’amour cet embrasement unique. Car alors qu’elle ouvre son âme au lecteur sur cette face ci du livre, du côté « Elle », l’homme aimé en fait autant sur l’autre face, du côté « Lui ».

Quant à Elle, la femme dévoile  lentement son ineffable plongée sensuelle -ineffable jusque là, puisqu’elle se résout enfin à la dire- dont le récit monte  vers son amant comme la grande volute du plaisir qu’il a créée en elle. C’est un  chant : reconnaissance d’elle-même en tant que femme, et reconnaissance envers lui, l’homme aimé par-dessus tout. Chant de grâce de la femme envers l’homme, à l’heure où tant de propos dits modernes ont la tentation de les opposer. Parce qu’elle est femme de tout son l’être, elle porte le destin des femmes depuis le fond des âges sans la moindre révolte. Elle sait le désir de l’homme, lui répond sans hésiter ; elle porte l’amour de lui comme elle porterait l’enfant. Elle découvre le grand plaisir de la femme aimée comme son destin même : peut-être vous paraîtra-t-elle douée d’une certaine innocence, naïveté ? Mais elle est avant tout une femme d’aujourd’hui que n’entrave pas le poids de sa féminité : une femme dans l’amour.

Par claude lizt - Publié dans : A propos de " Le Voyage..."
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /Oct /2009 18:05

Claude Lizt-Elle: esquisse de définitions….

 

Note de Claude lizt Elle d'octobre 2009

 

La Passion : l’embrasement, le feu. Elle brûle le corps et l’âme. Destructrice au besoin ; rien ne lui résiste. Mais elle ne saurait être séparée de l’amour. Et deux conceptions de l’amour viennent ici se superposer. L’amour qui englobe la totalité de l’histoire d’amour en serait une enveloppe qui accueille, embrasse. Alors que l’amour sentiment évoquerait une illumination de l’âme, côté cœur, généreux, sentimental, voire romantique : lumière intérieure... Lui fait face le désir, son double ombrageux. Il travaille quant à lui dans les profondeurs. Là où rien n’est dit, il est tapi dans l’ombre et actionne de là émotions et forces occultes. Du coup de foudre, nous pourrions parler comme d’un procédé de transmutation en or : il transforme, dans une fulgurance, le désir soudain incandescent en sentiment d’amour : l’illusionniste de l’histoire d’amour ? Quant au plaisir, grand inconnu de l’équation amoureuse, il est celui pour qui toutes les folies seront commises sans qu’il n’ait même à en reconnaître, ne fût-ce que les prémices : il est ainsi le joueur qui ramasse la mise, sans scrupule. Tout cela pourrait bien être de sa faute. De la passion au sentiment d’amour, du désir au plaisir se tisse finement, mais inexorable, la différence. La différence entre elle et lui, celle qui les rend irrésistibles l’un pour l’autre, source de la folie qui les saisit, fomenteuse de leur passion. Nous y voilà : passion pour l’autre différent, passion aveugle et juste, passion fruit de l’irréductible beauté d’elle pour lui, de lui pour elle.

Par claude lizt - Publié dans : Inédits de C. Lizt
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés